24 février 2012

Contacté par Newsring, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie chargé du Commerce extérieur, Pierre Lellouche, estime que la réflexion stratégique à l'origine du Grand emprunt a déjà permis de cibler des « filières d'avenir ».

Dominique de Villepin juge nécessaire une « plan d’urgence » pour les « filières  d’excellence ». Qu’en pensez-vous ?

Notre pays n’a pas eu de grande politique industrielle depuis de Gaulle ou Pompidou, et c’est la cause de beaucoup de nos difficultés. La réflexion stratégique qui avait été demandée par le président de la République à Michel Rocard et Alain Juppé, et qui avait donné lieu au Grand emprunt, a permis d’effectuer un ciblage sur les domaines sur lesquels la France devra se positionner à l’avenir. Ce fut une brique très importante de la politique industrielle mise en place depuis le début du quinquennat, et elle commence à donner des résultats. Nous avons vu les très mauvais chiffres de notre commerce extérieur remonter dans la deuxième partie de l’année 2011 : nous avons arrêté l’érosion des parts de marché françaises.

Quels furent les dispositifs les plus efficaces ?

Nous avons mis en place des pôles de compétitivité, la réforme de l’université, le crédit d’impôt recherche, mais aussi des guichets uniques et des maisons de l’export en régions, qui permettent de faire marcher ensemble tous les acteurs en charge de ces questions. Nous tentons d’entourer nos PME, d’identifier celles qui ont un potentiel à l’export, les plus innovantes.

Il y a deux objectifs fondamentaux : la compétitivité, c’est-à-dire le coût du travail et la flexibilité à l’intérieur de l’entreprise – au lieu de virer les gens, il vaut mieux essayer de les conserver, quitte à accepter de l’activité partielle. Le deuxième élément important, c’est évidemment l’innovation. Il y a, en dehors des technologies de pointe, des technologies anciennes qui, si elles sont couplées avec l’innovation, donnent d’excellents résultats. Je viens de visiter une ancienne fonderie qui a été sauvée par l’État et la Région, qui réalise non-plus des produits de base, sur lesquels nous ne sommes plus compétitifs, mais des produits finis sur des niches porteuses, pour l’aéronautique, l’automobile ou les centrales nucléaires.

Vous n’êtes donc pas favorable au ciblage préconisé par M. de Villepin ?

Les filières d’excellence, cela veut tout et rien dire. Dans la liste évoquée par Dominique de Villepin, il manque notamment l’agro-alimentaire, qui est un joyau de notre économie – nous avons la chance d’avoir une « marque France » dans ce domaine, la chance aussi de voir la population mondiale se développer rapidement, avec des classes moyennes avides de bons produits, donc de produits français.

Je suis très optimiste, malgré les chiffres actuels : notre potentiel de productivité et de créativité est extraordinaire, il s’agit de mieux organiser le travail et les filières de production. Si l’on y parvient, on gagnera aisément notre place dans cette mondialisation, comme nos voisins d’Europe du Nord.

Voir: http://www.newsring.fr/economie/426-les-entreprises-francaises-doivent-elles-miser-sur-lexcellence-pour-sortir-de-la-crise/6026-pierre-lellouche-les-filieres-dexcellence-cela-veut-tout-et-rien-dire

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