Par S. Collavizza

Publié le 21/06/2012

Le deuxième rapport d’évaluation des 71 pôles de compétitivité a été publié le 19 juin 2012. Dans l’ensemble, cette évaluation révèle de bons résultats du
point de vue de l’innovation ainsi que de l’impact sur les entreprises. Les auteurs de l’évaluation formulent 7 recommandations pour rendre la démarche plus performante.

Comme la première évaluation conduite en 2008, le deuxième rapport dresse un bilan globalement satisfaisant. A tel point que les auteurs recommandent de reconduire la politique des pôles pour une période de 8 ans (2013-2020).

« Les deux tiers des entreprises déclarent avoir créé des emplois » et « un tiers des entreprises adhérentes déclare que leur adhésion leur a permis
d’augmenter leur chiffre d’affaires et d’améliorer leur capacité à exporter » indique la synthèse de l’étude.

L’enquête a été conduite en ligne, par le consortium BearingPoint-Erdyn-Technopolis, auprès de 5500 répondants.

Fonctionnement et pilotage des pôles - L’un des premiers constats de cette évaluation relève que le dispositif global des pôles est complexe, car s’appuyant sur une organisation interministérielle. De surcroît, chaque pôle possède plusieurs correspondants nationaux au sein des ministères ainsi qu’un correspondant local des services déconcentrés des régions du pôle. Cette multiplicité d’acteurs nuit à la lisibilité du dispositif.

Cependant, les efforts de coopération entre l’Etat et les collectivités territoriales ont permis une cohérence dans l’action des pouvoirs publics.

L’intervention des collectivités locales est efficace selon les auteurs de l’évaluation, en termes de pilotage, avec « une bonne coordination avec les
services déconcentrés de l’Etat », mais aussi par un co-financement « significatif » des projets de R&D et des projets structurants. En outre, les
collectivités territoriales ont fortement participé aux collaborations inter-pôles.

L’évaluation recommande un renforcement de pilotage par l’Etat pour les « pôles de compétitivités internationaux » ainsi qu’un pilotage partagé entre Etat et régions pour les « pôles de compétitivités et d’innovation ». Pour ces derniers, les conseils régionaux seraient notamment responsables, avec l’Etat, de la définition du territoire et de l’animation générale de l’éco-système.

Autre enseignement : la délimitation des pôles au niveau des régions permet de faire émerger des spécialités et de mobiliser les collectivités territoriales.
L’évaluation note cependant une faiblesse, reposant sur les zonages R&D. Tout d’abord, les incitations fiscales crées pour les pôles labellisés en 2005 ont été presque toutes supprimées. Surtout, les pôles labellisés en 2007 n’ont pas bénéficié de ces logiques de zonage R&D, créant une inégalité de traitement entre les pôles.

Ces zones R&D devraient être adaptées, mais les auteurs de l’évaluation se disent modérément confiants, dans la mesure où cette modification devrait
intervenir par décret en Conseil d’Etat. Ils suggèrent donc de simplifier le dispositif, et d’en passer par une approche contractuelle.

Une contribution des fonds publics en baisse - Entre 2008 et 2011, 5,7 milliards d’euros ont été investis par les partenaires dans les projets de R&D
labellisés des pôles, soit 4,5 % des dépenses nationales de R&D.

Mais ce deuxième rapport révèle surtout que les différents fonds publics intervenant au soutien des pôles sont en baisse.

Ainsi, le Fonds unique interministériel (FUI), qui finance des projets de R&D sous forme d’appel à projets, a soutenu 1042 projets entre 2005 et 2011, mais avec une baisse marquée depuis 2008 : 256 millions accordés en 2008, mais seulement 154 en 2010 et 149 en 2011. Le nombre de projets soutenus est en baisse, comme la moyenne des montants alloués.

L’accès aux fonds du FUI est par ailleurs complexe, et les délais pour obtenir la labellisation restent très longs, et dépassent souvent 12 mois. Malgré une place grandissante du cofinancement de ces projets par les collectivités territoriales et l’Etat, leurs échanges pourraient être améliorés.

De plus, le FUI concerne des projets importants, ainsi les petits projets collaboratifs ne peuvent pas recevoir ce financement.

Les fonds européens comptent pour très peu dans les pôles de compétitivité (seulement 38 projets retenus en 2010).

Enfin, malgré l’importance des appels à projets des collectivités (15%), leur nombre est en diminution par rapport à 2008.

Renforcer l’attractivité du territoire - L’augmentation de la collaboration des pôles avec d’autres clusters est un acquis important de cette seconde phase
de politique des pôles. Elle se caractérise soit par la collaboration sur un même territoire, soit par une logique thématique de collaboration entre deux
territoires.

Certaines régions soutiennent ces politiques de clusters régionaux, qui permettent de développer l’économie locale. Les clusters peuvent venir compléter les pôles ou même faire l’objet d’une labellisation. En effet, dans certaines régions, la double labellisation pôle de compétitivité et cluster régional peut
être attribuée.

Ces collaborations devront être renforcées par la suite, conseille le rapport d’évaluation.

La synthèse indique que « les pôles ont largement contribué à renforcer l’écosystème régional d’innovation et de croissance ». Les collaborations et
rapprochements entre les différents acteurs des pôles ont contribué à renforcer l’attractivité du territoire, mais doivent être renforcées pour encourager la
cohérence entre politiques régionales et nationales.

Voir: http://www.lagazettedescommunes.com/119342/les-poles-de-competitivite-bien-ancres-dans-le-paysage-francais/

Patrick Barbieri
PB VEILLE CONSULTING
L'information au service de l'entreprise

http://www.pb-veille-consulting.com