Photovoltaïque : quel revenu pour les particuliers ?
La tendance est à l'installation de panneaux solaires sur les toits. Avec un tarif de rachat fixé en France à 60 centimes € le kiloWattheure, le
photovoltaïque prend pour le particulier des allures de revenu d'appoint. Des entreprises s'engouffrent sur ce créneau de la maison individuelle. Mais
l'engouement est-il vraiment durable ?
Le marché de l'électricité photovoltaïque se développe. Depuis la parution, en 2006, de l'arrêté tarifaire fixant l'obligation de rachat du kWh solaire à un
tarif de base de 32 c€ ou à 60 c€ dans le cas de panneaux photovoltaïque intégré au bâti (soit plus de cinq fois le prix du kWh payé par l'usager), le marché français connait un fort développement. Dépassant les 100 MegaWatts d'installés fin 2008. « Et la croissance est devant nous, s'enthousiasme Stéphane Moreau, fondateur de l'installateur Evasol, car il y a en France plus de 10 millions de résidences principales habitées par leurs propriétaires. Et la majorité sont équipables. »
Clés en mains
Désormais, pour s'adresser et convaincre les particuliers, des entreprises comme Evasol ou Solaire Direct fournissent une offre "clés en mains". De l'étude technique de faisabilité, faite sur place, à domicile, au raccordement final des panneaux au réseau électrique. Le montage et le suivi administratif du dossier, clé de voute de l'accès au crédit d'impôt et aux autres aides éventuelles, se trouve désormais entièrement pris en charge par l'entreprise
partenaire. « On vit l'enfer à la place du client, résume le directeur général d'Evasol. Il faut faire simple, même si derrière, pour nous, cela reste
compliqué. »
Pour les foyers qui n'ont pas totalement les moyens, des conventions signées avec plusieurs organismes financiers permettent aussi à l'installateur de
proposer des solutions de financement. Le dossier s'autofinance, avec des mensualités ajustées sur le retour sur investissement apporté par la revente du
courant à EDF. Selon la taille et le type de panneaux à intégrer, une installation de 20 m² représente, matériel et mise en oeuvre compris, un coût moyen de 20 800 € HT hors aides financières. « Avec les 8 000 € de crédit d'impôt, on arrive souvent à un coût d'environ 15 000 € net de soutien, calcule Stéphane Moreau. Dans le centre de la France, l'installation rapportera 1 500 €. A Nice, plutôt 1 800 ou 2 000 €. Et 1 200 € à Dunkerque. »
Rente solaire
« Il faut à peu près 10 années pour que les recettes payent le système. Les 10 années suivantes, cette recette devient un revenu complémentaire, poursuit Stéphane Moreau d'Evasol. C'est ce que nos clients voient d'abord. La première motivation est celle d'un projet qui a du sens pour le budget du foyer. La seconde, c'est de se préoccuper de la planète ou des générations futures. » Même discours chez l'autre installateur Solaire Direct, qui décline son offre destinée aux particuliers selon deux formules. L'une vise l'autofinancement. L'autre, à rendement maximum, promet chaque année, pour un investissement initial de 20 000 €, jusqu'à 2 000 € de revenus solaires. Soit « 11 % de rendement global annuel net sur 20 ans. » Si l'on compare avec les taux du Livret A, à 2,50 % ou 1,75 %, le choix est vite fait, confirme Jean-Pierre Ducret, un habitant du Var tenté par l'expérience.
Seconde option : la location de toiture. Proposée par CPC Solabios, un groupe de conseil en patrimoine et courtage entré en bourse en 2009, l'offre conjugue contrat de rachat (passé avec EDF) et location de toiture photovoltaique. L'idée est de marier, d'une part, un groupe d'investisseurs prêts à investir dans des portions d'une installation et, de l'autre, des propriétaires de surface d'au moins 500 m² (hangars, entrepots, dépendances ou exploitations agricoles).
Le propriétaire touche une prime de mise en service et un loyer pour les panneaux intégrés à son toit - environ 2,5 € par m² et par an, soit 2 000 € pour une superficie de 800 m². 20 ans après, il prend possession de l'installation sur son toit et dispose de la production électrique disponible. Ce modèle, défendu par Frédéric Errera, offre un rendement garanti de 7 à 8 % par an. Voire supérieur à 10 % si l'on intègre au calcul les avantages fiscaux. Une dizaine de projets sont en cours de pose ou en attente de raccordement, sur des surfaces allant jusqu'à 3 000 m².
Effet d'aubaine ?
« Ces offres clés en mains, où l'on propose de rémunérer le particulier... Quelque part, on le déresponsabilise de sa démarche environnementale, regrette
André Joffre, PDG de Tecsol et président du pôle de compétitivité DERBI. Jouer sur l'effet d'aubaine pour trouver des clients s'avèrera, à terme,
contre-productif. Car dès que les mécanismes vont évoluer, la mécanique va se gripper. » D'ici 2 ou 3 ans, probablement après 2012 estime le chef
d'entreprise, les prix de rachat devraient sensiblement baisser. « Nous aurons une rentabilité beaucoup plus modeste qu'elle ne l'ait aujourd'hui et l'on va
constater un baisse de marché. » A l'image du coup de frein espagnol, causé par la remise en cause brutale des tarifs garantis. Bilan ? Une filière
photovoltaïque sinistrée. Avec plus de 10 000 personnes au chômage technique depuis début 2009. Un accident industriel que tous les acteurs français tiennent à éviter.
« La difficulté est de trouver un modèle, une évolution tarifaire qui permette la croissance du marché et favorise une démarche éthique, analyse André
Joffre. Car si l'on a une structure de commercialisation basée sur la rentabilité économique et sur la motivation environnementale, la démarche devient plus durable. »
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L’évaluation a été pilotée conjointement par la Direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services (DGCIS) et par la Délégation
interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires (DATAR).
Voir: http://news.fr.msn.com/ecologie/dossier/energies-renouvelables/article.aspx?cp-documentid=150500594
Patrick Barbieri
PB VEILLE CONSULTING
L'information au service de l'entreprise
http://www.pb-veille-consulting.com




