Pierre-Luc Schaming

Un consortium privé a remis cette semaine au Ministère du Redressement productif une étude sur la performance des 71 pôles de compétitivité. Parmi eux, 16 sont jugés « moins performants » et la Lorraine ne s’en sort pas très bien avec les pôles de Nancy et d’Epinal. Seul le pôle de Metz est considéré comme « performant ».

Initiés par la loi de finances de 2005, les pôles de compétitivité ne jouissent pas tous des mêmes résultats d’après une étude du consortium composé des cabinets BearingPoint, Erdyn et Technopolis. Remise à Arnaud Montebourg (Ministère du Redressement productif), à Fleur Pellerin (Petites et moyennes entreprises) et à Cécile Duflot (Egalité des territoires), cette enquête classe les 71 pôles de compétitivité français selon leur performance. 20 pôles de compétitivité sont qualifiés de « très performants », 35 de « performants », et 16 de « moins performants ».

Les pôles de compétitivité s’appuient sur le modèle économique japonais où sont encouragés les zones de symbiose entre acteurs économiques et scientifiques (PME et grandes entreprises, laboratoires, centres de recherche et de formation). Le modèle connaît son application la plus célèbre dans la Silicon Valley (Californie) où fleurissent les starts-up. En France, ce modèle fut tout d’abord adapté avec succès sur la Côte d’Azur (technopôle de Sophia-Antipolis) ou encore dans le domaine de l’aérospatiale à Toulouse (Aérospace Valley). L’Etat accorde le label « pôle de compétitivité » à un « regroupement sur un même territoire d'entreprises, d'établissements d'enseignement supérieur et d'organismes de recherche publics ou privés qui ont vocation à travailler en synergie pour mettre en œuvre des projets de développement économique pour l'innovation. » Ce label apporte une importante manne financière à ces technopôles.

Cependant, il peut être retiré à tout moment si le pôle n’est pas assez performant. Ce fut déjà le cas pour 6 des 13 pôles classés « moins performants » en 2008.

Metz « performant », Nancy et Epinal « moins »

Les pôles de compétitivité lorrains sont clairement dans le collimateur. Parmi ces 3 pôles d’envergure nationale, seul le pôle MATERALIA (Metz) parvient à décrocher la mention « performant ». Pôle spécialisé en Lorraine/Champagne-Ardenne dans la recherche de nouveaux matériaux et procédés, ses résultats en font par exemple le 1er pôle français pour la fabrication d’équipements automobiles et le 2ème pour le travail des métaux. Il participe aussi à un projet de recherche de surfaces innovantes pour les réseaux d’eau en agglomération : baptisé SIRENAplus, il est présenté par le pôle HYDREOS (Nancy).

Ce pôle de l’eau Alsace/Lorraine labellisé il y a 2 ans à peine est encore classé parmi les « moins performants ». Pourtant, il a déjà réussi à lancer
quelques projets autour des 4 universités d’Alsace et de Lorraine, du CNRS, de 30 PME et de nombreuses grandes entreprises liées à l’eau (St-Gobain, Veolia et Suez Environnement, Nestlé Waters ou encore EDF). Au contraire, le pôle FIBRES (Epinal) spécialisé dans les éco-matériaux figurait déjà en 2005 parmi les pôles de compétitivité choisis par la France. Cet autre pôle Alsace-Moselle qui vise l’innovation responsable est également qualifié de « moins performants ». Toutefois, les pôles spinaliens et nancéens, tous deux en collaboration avec le pôle ALSACE ENERGIVIE (« performant ») devraient conserver leur label. Le dialogue sera engagé avec le gouvernement pour qu’ils puissent se défendre. Dans les mois à venir, ce sera aux pouvoirs publics de décider de renouveler ou non le label « pôle de compétitivité ».

Voir: http://www.loractu.fr/metz/1865-2-des-3-poles-de-competitivite-lorrains-juges-moins-performants-.html

Patrick Barbieri
PB VEILLE CONSULTING
L'information au service de l'entreprise

http://www.pb-veille-consulting.com