Rouen: Mov'eo, avec mention
Publié le samedi 11 août 2012
BONNE SURPRISE. Le pôle de compétitivité Mov'eo, à Saint-Etienne-du-Rouvray, vient d'être distingué. Mais si le constat est positif, il reste encore des
marges de progression.
Implanté au Technopôle, Mov'eo travaille dans le domaine « recherche et développement » pour les filières transport. Ce pôle de compétitivité vient d'être
distingué par trois cabinets privés
Implanté au Technopôle, Mov'eo travaille dans le domaine « recherche et développement » pour les filières transport. Ce pôle de compétitivité vient d'être
distingué par trois cabinets privés
Il ne faut pas bouder son plaisir.
Quand une étude réalisée par trois cabinets privés classe le pôle de compétitivité Mov'eo dans les plus performants de France, il y a plutôt de quoi se réjouir. Créé en 2006, ce centre spécialisé dans l'automobile et dont le siège est à Saint-Etienne-du-Rouvray (lire par ailleurs), fait partie des vingt pôles classés « très performants », sur les soixante et onze que compte l'Hexagone. Cerise sur la glace estivale, les deux autres pôles régionaux sont, eux, jugés « performants ». Il s'agit de Nov@alog (spécialisé dans la logistique) et de Cosmetic Valley (pôle beauté et bien être, basé à Chartres mais qui s'étend aussi dans l'Eure).
Plus d'un milliard investi en recherche et développement
Mais sur quoi s'est appuyé le consortium BearingPoint, Erdyn et Technopolis - ITD pour déterminer de tels résultats ? De l'avis de plusieurs proches du
dossier, les détails sont très techniques, parfois mêmes un peu flous. Mais, pour Frédérique Chabbert, chargée de projets à Mov'eo, c'est surtout la
valorisation d'une méthode de travail efficace : « Le pôle est regroupé dans un processus de qualité. Nous avons la certification Iso, nos labels ''qualité''
sont vraiment normés. » Une prime à la rigueur ? « On essaie surtout de créer une dynamique entre les différents partenaires. Et c'est satisfaisant de voir
que le travail que nous menons ensemble est reconnu. »
Reconnu et visible : avec plus de 289 projets labellisés (selon le site internet de Mov'eo), les quelque 333 membres de ce pôle de compétitivité ont investi,
depuis sa création, 1,290 milliard d'euros en recherche et développement. Une gageure dans un domaine - l'automobile - en difficulté ces dernières années.
Mais la force du pôle Mov'eo est de ne pas se pencher que sur l'avenir des voitures. « On travaille sur les véhicules du futur », synthétise Frédérique
Chabbert.
Au-delà de la reconnaissance du travail accompli, le coup de projecteur - qui pourrait s'accompagner d'une gratification financière de l'Etat - permet aussi
aux pôles bien notés de séduire de nouveaux partenaires, d'augmenter le champ des possibles. Car, pour rester au top, il faut sans cesse innover. Et la
concurrence, à l'international, est rude.
Mov'eo, depuis 2006
Mov'eo est né en 2006. Si le siège est installé à Saint-Etienne-du-Rouvray, au Technopôle du Madrillet, les 333 partenaires sont implantés sur une zone plus vaste, en Haute et Basse-Normandie ou en Ile-de-France. Les adhérents sont en majorité des petites entreprises. 20 % sont des grands groupes, 20 % des centres de recherche et 10 % des institutionnels. Son territoire représente plus de 70 % de la recherche et développement automobile française. Sur les 289 projets labellisés par Mov'eo depuis sa création, 136 ont reçu le soutien des pouvoirs publics à hauteur de 283 millions d'euros. Les différents moyens de transport, l'intermodalité… Autant de dossiers sur lesquels se penchent les entreprises. Deux projets importants sont en cours : Score@f, pour la communication entre les véhicules et les infrastructures, et Co-drive pour offrir de l'information ciblée et en temps réel aux conducteurs.
3 questions à… Alain Le Vern : «C'est un encouragement»
Cette distinction nationale, le conseil régional de Haute-Normandie la savoure. Et pour cause: financièrement, la Région est l'un des principaux
investisseurs dans les pôles de compétitivité. Alain Le Vern, président du conseil régional, revient avec satisfaction sur les résultats de l'étude.
Quelle est la place de la Région dans ce pôle de compétitivité ?
Alain Le Vern: «Dans le cadre du fonctionnement, la Région participe à hauteur d'environ 50%. Pour l'investissement, nous mettons entre 5 et 10millions
d'euros par an, selon les projets. Nous sommes un partenaire financier, comme l'Etat. Mais, un pôle, c'est des entreprises: sans elles, il n'y a rien.»
Quel sens donnez-vous à cette mention «très performant»?
«Un encouragement à continuer sur cette voie. C'était une volonté de ma part de structurer les activités économiques en pôles et par filière: automobile,
chimie… Cela permet une stratégie commune et l'essor des secteurs de la recherche et du développement… Donc la conquête de marchés.»
Comment maintenir ce niveau de performance?
«La recherche. Il faut être en amont. Et nous ne sommes pas les seuls sur le marché. Il faut continuer de creuser autour de l'électronique embarqué, les
moteurs propres, la mobilité de demain… Il y a un enjeu économique fort. Les pôles ou encore les grappes d'entreprises représentent des milliers d'emplois.»
Voir: http://www.paris-normandie.fr/article/rouen/rouen-moveo-avec-mention
Patrick Barbieri
PB VEILLE CONSULTING
L'information au service de l'entreprise
http://www.pb-veille-consulting.com




