29 novembre 2009
Pôle Textile Alsace : Vers un Pacte axé sur l’innovation
Après un premier Pacte Textile signé en 2005, le Pôle Textile Alsace élabore une seconde feuille de route pour la période 2010-1012. Si ce Pacte 2 est encore en cours d’étude par les partenaires financiers, le comité de direction du Pôle en a déjà validé les axes stratégiques : « développer les démarches d’innovation », « développer et se positionner sur de nouveaux marchés » et « promouvoir les compétences de la filière en interne et en externe. »
Le Pôle Textile Alsace, qui compte aujourd’hui 42 membres et collabore avec le Campus Textile (1), a élaboré son projet de nouveau Pacte Textile, en cours d’étude par les partenaires financiers (DRIRE, région Alsace). Ce projet de Pacte définit la feuille de route du Pôle pour la période 2010-2012 et ses axes stratégiques pour l’accompagnement du tissu économique : « développer les démarches d’innovation », « développer et se positionner sur de nouveaux marchés » et « promouvoir les compétences de la filière en interne et en externe. »
Une dynamique de réseau
« Initié par les industriels en 1947, le Pôle Textile Alsace (non labellisé pôle de compétitivité) vise à créer une dynamique de réseau entre les industriels et entre les compétences liées au textile » explique Catherine Aubertin, animatrice du Pôle Textile Alsace. Son ambition est de mettre en place des actions collectives pour proposer des services et des solutions afin d’aider les entreprises à être plus performantes. Ainsi, côté innovation, le Pôle travaille étroitement avec les pôles de compétitivité Fibres Grand Est et Véhicule du futur à la détection de projets collaboratifs innovants. Une des volontés est également d’orienter sa démarche d’innovation vers le développement durable et plus précisément vers l’éco-conception.
Vers l’éco-conception
« En lien avec le pôle Fibres Grand Est, nous avons mis en place une formation CIM-ECO pour le développement de l’éco-conception. Cette formation, qui a l’ambition de former 60 entreprises en 3 ans, a une approche collective, mais propose également un accompagnement individuel à partir d’un diagnostic de l’entreprise. Il s’agit d’un véritable chantier qui engage une réflexion stratégique touchant à tous les aspects de la politique d’une entreprise (de l’achat à la conception, en passant par les process et le traitement des déchets). Cette démarche en faveur de l’éco-conception répond à une demande des consommateurs et constitue un avantage concurrentiel pour les entreprises » commente Catherine Aubertin.
Eclairer les acteurs sur les enjeux de demain
Toujours dans le cadre d’une collaboration avec Véhicule du futur et Fibres Grand Est, le programme « decautex », sur les matériaux intérieurs de l’habitacle, a été engagé il y a 7 ans. « Avec l’organisation de conférences internationales et la réalisation d’études de marché, notre objectif est de donner du contenu technologique et d’apporter un éclairage sur les marchés de demain, explique Catherine Aubertin. Ces deux types d’action ont vocation à déboucher sur des projets collaboratifs. Une démarche similaire est développée dans le domaine du bâtiment, avec le cluster « aménagement de la maison », et en santé, avec les pôles Fibre Grand Est et Biovalley. » Cette volonté d’éclairer les membres se retrouve dans le programme « exportex » pour l’international, qui fournit des informations sur les pays visés et met en place des missions collectives à l’étranger.
23 novembre 2009, Elsa Bellanger
Voir: http://www.innovationlejournal.com/spip.php?article4899
18 octobre 2009
Les textiles techniques, un tissu industriel d’avenir
L’industrie textile, en proie ces dernières décennies à de grandes difficultés, a su rebondir, grâce à des PME réactives, proposant des produits innovants aux nombreux débouchés
Un siège d’avion, un maillot de cycliste, des stores, des filets de protection contre la grêle, une voile de bateau, un anneau gastrique… cette liste à la Prévert donne une faible idée de l’immense champ d’application des textiles techniques, spécialité industrielle d’avenir, en France particulièrement.
Difficile de donner une définition précise à cette matière d’un troisième type. Si « leur transformation s’apparente à celle des textiles traditionnels, faisant appel aux mêmes types de technologies, les fibres techniques s’en distinguent par les performances qu’on leur demande », résume Christine Corroy, responsable du département textile à l’Institut textile et chimique de Lyon (Itech). Ce sont, en effet, leurs propriétés (de résistance, de souplesse, de recyclabilité, de lavabilité, de légèreté…) et le fait d’obéir à un cahier des charges spécifique qui leur donneront droit au qualificatif de « techniques ».
Le tissu d’un siège de voiture devra comporter, entre autres, des qualités de résistance aux UV et à la chaleur. « En devenant technique, le textile est aussi devenu actif », affirme Jean-Yves Dréan, directeur du laboratoire de physique et mécanique textiles (CNRS) à l’École supérieure d’ingénieurs Sud-Alsace (Ensisa).
Usages et domaines d'application multiples
Mais on peut aussi trouver des matériaux surprenants dans leur composition, comme du verre, du carbone, de l’aramide (kevlar) ou encore de la céramique… qui peuvent se marier entre eux ou avec des fibres naturelles. « Dans la fabrication de sous-vêtements, il peut y avoir 15 matières différentes », souligne Christine Corroy.
Ainsi, le vocable de textile technique englobe différentes destinations et de nombreuses formes : l’industrie, le « fonctionnel » à usage domestique, tous les usages du non-tissé… et, bien sûr, ils incluent les textiles les plus spectaculaires quoique plus marginaux, ceux que l’on dit « intelligents » et qui captent des signaux, agissent sur l’environnement, changent de couleur ou encore stockent des informations.
Si les usages sont multiples, les domaines d’application ne le sont pas moins : agriculture, aménagement d’intérieur, construction et bâtiment, emballage, géotextile, environnement, habillement, industrie, santé, protection, transport, sport et loisirs.
Globalement, le secteur, en ces temps de crise, reste hautement porteur : s’il occupe environ 17 % de la production textile-habillement française, il représente 60 % des débouchés pour les jeunes diplômés frais émoulus des écoles d’ingénieurs en textile. Ce développement est en grande partie lié à la diversification de PME, tournées jusqu’à une période récente vers le filage et le tissage de fibres classiques, qui ont pu s’appuyer sur une industrie de matériaux performante, notamment autour des pôles de compétitivité du Nord-Pas-de-Calais, de Rhône-Alpes, région leader, et, dans une moindre mesure, de Champagne-Ardenne. Avec ses 19 000 salariés et un chiffre d’affaires de 3,5 milliards d’euros, l’Hexagone occupe la quatrième place mondiale après les États-Unis, le Japon et l’Allemagne.
Fortunes diverses
Suivant les secteurs, le marché connaît des fortunes diverses, même si, globalement, on note un vrai dynamisme. Les volumes ne constituent pas un critère pour apprécier les tendances. L’emballage, par exemple, est le secteur principal en termes de tonnage (15 % de la production), mais le marché se montre stable et plutôt restreint en termes de valeur (5 % de la valeur globale). À l’inverse, les sports et loisirs, moindres consommateurs en volume (6,5 %), forment le deuxième secteur en termes de marché (15 %), du fait de la sophistication des fibres et enduits à forte valeur ajoutée. Sa croissance demeure néanmoins assez modeste, comparée aux secteurs de la construction et du médical dont les avancées créent des perspectives de niches très porteuses.
Quant à l’équipement automobile et aux transports en général, ils représentent le plus grand domaine d’application ; leur volume et leur taux de croissance se placent au-dessus de la moyenne des autres secteurs, mais sont aussi davantage soumis aux fluctuations de la conjoncture.
Quel que soit le secteur, on note une tendance forte, qui s’accentue depuis environ cinq ans : la prise en compte des critères de recyclage et de développement durable. Tisseurs et confectionneurs intègrent progressivement la notion de cycle de vie des produits dans leur production. Cette prise de conscience, qui constitue l’un des leviers de la croissance, attise en même temps les craintes de certains acteurs. Du fait notamment de directives européennes limitant ou supprimant l’usage de nombreuses substances chimiques, certaines industries se retrouvent avec moins de solutions et subissent la concurrence de pays non astreints à cette réglementation.
Evolution constante
Mais la filière souffre également du manque de communication entre ses différents acteurs. Pour y remédier et promouvoir le secteur, l’association Clubtex, créée il y a vingt ans, regroupe aujourd’hui 72 industriels, une union patronale et sept centres de formation et de recherche du nord de la France. Pour son secrétaire général, Jean-François Bracq, la tâche est vaste : informer sur les innovations, les performances de telle ou telle matière, faire découvrir les nouveaux marchés et les différentes exploitations possibles, encourager la mutualisation des efforts des centres de recherche et de formation et des industriels…
« Dans le textile traditionnel, il y a encore deux collections par an. Dans le textile technique, en revanche, l’évolution est constante. Pour cela, il faut de bons techniciens et de bons contacts pour faire circuler l’information », souligne-t-il.
La France résiste à la concurrence mondiale et peut se targuer d’une bonne vitalité. Des instituts de formation, dotés de laboratoires performants, ont su renforcer, à travers les pôles de compétitivité, leur lien avec l’industrie et placer l’Hexagone en position de pointe dans la recherche, en matière de nanotechnologies notamment.
La consommation mondiale, en progression régulière de plus de 3 % par an, offre des perspectives intéressantes pour les PME, majoritaires dans ce domaine, car leur taille permet une souplesse et une réactivité, indispensables pour innover. Le tissu industriel jouit donc pour l’heure d’une situation enviable, tant que les capacités d’innover et d’anticiper sur les besoins se maintiennent, en sachant également s’adapter aux évolutions des réglementations.
Laure BAZANTAY
Voir: http://www.la-croix.com/Les-textiles-techniques-un-tissu-industriel-d-avenir/article/2396758/4079
24 août 2009
Textiles techniques : Techtera tisse sa trame
Le pôle de compétitivité de Rhône Alpes Techtera, spécialisé dans les textiles et les matériaux souples innovants, ambitionne de parvenir à une centaine de projets labellisés annuellement. Le pôle en compte 16 aujourd’hui, mais son contrat de performance signé avec la Région dope ses objectifs.
Le pôle de compétitivité Techtera (Technical Textiles Rhône-Alpes), s’est fixé pour objectif d’atteindre le nombre de 100 projets labellisés annuellement à l’horizon 2015. Cinq à six ans pour y parvenir, ce n’est pas forcément une mince affaire. Depuis 2006, le pôle rhônalpin spécialisé dans les textiles techniques a en effet accordé son label à 16 projets, dont 14 sont à ce jour financés.
Les 16 projets regroupent plus de 110 partenaires (industries du textile, PME et PMI, laboratoires) et représentent une enveloppe de près de 30 M€. Cette ambition affichée par le pôle résulte du contrat de performance 2009-2001 signé fin juillet avec la Région Rhône Alpes. Le contrat prévoit aussi le développement de partenariats avec les pôles de compétitivité ou les clusters français ou internationaux susceptibles de développer des projets coopératifs avec ce pôle localisé à Ecully dans le Rhône.
Des textiles innovants de plus en plus performants et intelligents
Spécialisé dans les textiles et les matériaux souples, le pôle s’intéresse aux textiles dits « fonctionnels » permettant des applications pour les tenues de pompier par exemple, résistantes au feu, à l’eau et indiquant la température. Il concerne aussi les textiles techniques pour des applications liées à l’isolation thermique utiles dans le bâtiment ou les transports, l’ombrage (pour l’agriculture), les géotextiles utilisés dans les revêtements des sols, le matériel médical, etc.
Techtera et l’autre pôle français dédié au textile, Up Tex dans le Nord Pas de Calais, ont bénéficié en 2008 de 51% du nombre d’aides accordées par Oséo à la filière, et de 56% du montant global de ses aides au secteur dont le total approche les 15M€.
Stéphane Davin
Voir: http://www.innovationlejournal.com/spip.php?article4520
16 août 2009
TECHTERA s'intéresse au cycle de vie des matériaux souples
Par Michel DEPROST
Le pôle de compétitivité du textile et des matériaux souples veut labelliser 100 projets innovants par an.
Le pôle de compétitivité TECHTERA a signé au début du mois de juillet son contrat de performance 2009-2011 avec l’Etat, la Région Rhône-Alpes et un ensemble de collectivités locales. Le contrat réaffirme et formalise les objectifs technologiques et de marché du pôle à 3, 5 et 10 ans. L’objectif est d’atteindre notamment 60 Millions d’euros de projets engagés et dépasser le seuil de 100 projets labellisés annuellement. L’objectif est de développer les partenariats avec les pôles et clusters français et internationaux, d’accueillir et de créer de nouvelles entreprises sur le territoire du pôle. TECHTERA veut être à l’horizon 2015 le premier pôle initiateur de projets de R&D dans les matériaux souples et le foyer de développement de la compétitivité des PMI-PME.
Le pôle prend en compte les dimensions environnementales de l’activité du secteur. L’Atelier-Innovation organisé par Techtera, en partenariat avec Organics Cluster, le 8 juillet dernier à Valence, a réuni une trentaine de participants et montré l’intérêt des entreprises pour une démarche collaborative autour de l’impact écologique des produits, depuis leur conception jusqu’à la fin de leur vie.
Voir: http://www.enviscope.com/17783-Techtera-materiaux-souples-pole.html
02 août 2009
Textiles techniques : le pôle UP-tex s'arme contre la contrefaçon
Mercredi, dans les locaux d'Entreprises et Cités où le pôle UP-tex a son siège, a été signée avec l'INPI une convention de partenariat visant à renforcer l'accompagnement des entreprises dans le domaine de la protection industrielle.
UP-tex, vous connaissez ? Ce pôle de compétitivité est une association d'entreprises, de centres de recherche et de transferts de technologies oeuvrant notamment dans le domaine des matériaux textiles avancés. Ce que l'on appelle également les textiles techniques.
Ce groupement compte aujourd'hui 90 membres, pour la plupart des entreprises innovantes qui sont partie prenante dans le développement économique régional et national. Son ambition ? Devenir le centre de référence au plan européen dans les domaines des matériaux textiles avancés.
Afin d'accompagner ces sociétés dans la lutte contre la contrefaçon, le pôle UP-tex a organisé, en partenariat avec l'Institut national de la propriété industrielle (INPI) une journée d'information sur le thème « Voulez-vous continuer à vous faire piller votre innovation produits ? ».
À l'issue de cette journée, une convention a été signée entre les deux parties représentées par André Beirnaert, président du pôle UP-tex, et Pascal Duyck, chef du département de l'action régionale de l'INPI. Cette convention est une première dans ce domaine. D'une durée d'application de trois ans, elle a pour objet la mise en place du programme qui s'articule, pour les entreprises, autour de pré-diagnostics de la propriété industrielle, de prestations « risque » à taux réduits, de l'assistance technique des experts de l'INPI et d'une formation à la propriété industrielle. Vingt-cinq personnes, entreprises et juristes notamment, ont assisté à cette journée. De nombreux intervenants ont pu expliquer les différentes actions de prévention et de protection des innovations ainsi que les moyens de défense.
Philippe Patisson, commissaire divisionnaire, chef du Service départemental d'information générale (SDIG) a notamment expliqué aux patrons présents que « l a contrefaçon est la vulnérabilité de votre entreprise. Dans la lutte, c'est la rapidité de l'action qui compte ». •
Pôle de compétitivité UP-tex, 40, rue Eugène-Jacquet, 59708 Marcq-en-Baroeul.
Institut national de la propriété industrielle (INPI) délégation régionale Nord - Pas-de-Calais, 97, boulevard Carnot, 59 040 Lille.
22 novembre 2008
Un avenir cousu de fil… en microcapsules
Face à la baisse des marchés textiles, la filature meusienne Bergère de France mise sur l'innovation avec l'appui du Pôle Fibres Grand-Est.
"Nous, notre force, c'est qu'on était soutenu par une marque... ce qui nous a permis de réagir au mieux" explique Geoffroy Petit*, directeur du développement chez Bergère de France. Créée en 1946 à Bar-le-Duc (Meuse), cette affaire familiale fait partie des dernières filatures françaises de laine à tricoter. Avec 450 salariés et un chiffre d'affaires de 35 millions d'Euros, elle brave le déclin de l'industrie textile. Mondialisation du commerce, concurrence des pays émergents, concentration de la distribution dans l'habillement… Les effectifs ont réduit de moitié en cinq ans et un tiers des entreprises ont disparu. Autre difficulté : la baisse de la consommation s'ajoute à une demande évoluant vers "un marché de loisirs créatifs aux exigences beaucoup plus fortes, en termes de style et de nouveautés".
Aujourd'hui, Bergère de France parie sur l'innovation. Elle y consacre un million d'Euros par an, travaillant en particulier sur "la mise au point d'un nouveau procédé d'application de microcapsules… avec divers produits que nous pourrons adjoindre à notre fil". Technologie utilisée en pharmaceutique ou dans l'agriculture, la microencapsulation vise ici à obtenir des couleurs et des textures originales. L'entreprise a bénéficié du soutien d'OSEO Lorraine et de la Région Lorraine pour les études de faisabilité et d'un accompagnement du Pôle Fibres Grand-Est dans lequel elle est impliquée. Appuyé par les Régions Lorraine et Alsace, ce pôle de compétitivité offre notamment aux acteurs de la filière une ingénierie R&D pour monter des projets mais aussi "identifier des opportunités et mener une veille active", afin de stimuler échanges et créativité.
La filature meusienne ne manque pas d'idées pour compenser les pertes enregistrées sur son secteur : ouverture à l'international, contrat d'exclusivité avec une marque américaine d'aiguilles à tricoter, développement d'une ligne haut de gamme à base de laine mérinos et cachemire. Autre axe : l'investissement dans les process de fabrication.
Comme le précise Guillaume Rabelle, directeur technique, il s'agit " d'une nouvelle machine de filature révolutionnaire qui nous permet d'atteindre des niveaux de production 30 fois supérieurs à un procédé classique". De quoi remettre l'ouvrage pour tricoter l'avenir… en rose.
Voir: http://eureka.lorraine.eu/jahia/Jahia/cache/bypass/pid/1968;jsessionid=4B398F4EC0B021BEBB7290E7785AEA24?actu=16853
07 septembre 2008
Pôle de compétitivité : dans l'Ain, Techtera labellise un nouveau projet
Publié dans Les Echos
Date : 05/09/2008
Extrait : Techtera, pôle de compétitivité se consacrant aux tissus techniques, a labellisé un nouveau projet baptisé «Textilub». Il vise à développer des textiles autolubrifiants pour les pièces frottantes des nouvelles générations d'avions et d'hélicoptères. Initié et porté par le groupe SKF Aérospace,... ...
Voir: http://www.lesechos.fr/info/france/4768443.htm?xtor=RSS-2093
16 août 2008
Textile : « D'un marché de masse à un marché de niche »
Denis Deguillement est depuis six mois le directeur Région Nord de l'IFTH. C'est également un fin connaisseur du monde textile et de ses mutations.
« Il y a encore vingt ans, le textile régional était essentiellement tourné vers l'habillement. La mondialisation a peu à peu transféré ce marché vers d'autres pays, notamment en Asie. Mais cette disparition de l'habillement a permis l'apparition d'autres applications du textile, beaucoup plus techniques. C'est ainsi qu'une entreprise comme Cousins à Wervicq, au départ spécialisée dans le lacet de chaussures s'est ensuite tournée vers les produits du domaine de la santé (ligaments artificiels, etc.).
Nous sommes passés d'un marché de masse à un marché de niche pour des applications spécifiques faites sur mesure et à très haute valeur ajoutée. Les textiles aujourd'hui doivent avoir des fonctionnalités spécifiques et durables (résistance mécanique, à l'eau, au feu, etc.).
Le problème est que nous avons trop peu de grandes entreprises dans ce domaine, mais une multitude de PME-PMI, à la fois multiproduits et multimarchés qui n'ont pas toujours les moyens de l'innovation, ni une visibilité suffisante du produit fini. D'où l'importance de la politique des pôles de compétitivité et de l'accompagnement de structures comme la Région ou Oseo.
Nous aurons toujours de la production textile dans la région, pas forcément de masse. mais nous sentons un réel renouveau de l'industrie textile, avec l'apparition de nouvelles entreprises, notamment dans le domaine des composites. »
PROPOS RECUEILLIS PAR J.-M. PETIT
16 mars 2008
Les textiles techniques nous protègent et nous guérissent
Le textile ne sert pas qu'à nous habiller. Il peut aussi protéger et guérir. Le secteur de la biologie-santé est un marché en plein développement pour toute la filière. Eurasanté et le pôle de compétitivité Uptex s'associent pour faire émerger les projets innovants dans notre région.
« Le textile est partout, c'est un matériau transversal qui n'a jamais eu autant de débouchés ». Stephan Verin est délégué général d'Uptex, le pôle de compétitivité des textiles innovants. Ces fameux textiles qui sont sans conteste l'avenir de la filière. « Le secteur santé-hygiène est aujourd'hui stratégique ».
Le textile, on le retrouve tout d'abord dans les linges hospitaliers. Un secteur dans lequel travaillent des sociétés comme Flandres Textile à Bailleul ou Centraco à Lille. « L'enjeu est essentiel dans le domaine de la lutte contre les maladies nosocomiales, explique Étienne Vervaecke, directeur général d'Eurasanté. On incorpore maintenant des agents antibactériens dans les fibres ».
Un marché de 100 milliards
Le textile, on le retrouve également dans les pansements qui deviennent actifs, luttent contre les infections, facilitent la régénération cellulaire. « Mais le textile, on le retrouve aussi dans l'équipement des salles opératoires, notamment pour permettre les filtrations ». Une société comme Macopharma à Tourcoing a ainsi développé des filtres à prions actifs dans les blocs opératoires.
Le textile, on le retrouve enfin à l'intérieur même du patient, comme dans les parois de réfection gastrique réalisées par Cousin Biotech à Wervicq. « Le textile bio-santé est un monde du possible sans limites, estime Stéphane Verin. Et c'est un marché en pleine croissance ». Au niveau mondial, le marché des textiles techniques à usage médical est passé de 65 à 85 milliards d'euros entre 1995 et 2005. On envisage les 100 milliards à l'horizon 2010, dont 20,5 en Europe.
« Et c'est un marché ouvert aux PME ». À l'image de Lemahieu SA à Saint-André (110 salariés). La vénérable société spécialisée dans le tricot et les sous-vêtements de nuit, veut se diversifier vers les cosmétotextles. « Nous développons une technique de micro-encapsulage des fibres qui libère une substance, amincissante par exemple ».
Mais tout cela demande beaucoup de recherche et développement. Eurasanté et Uptex viennent ainsi de signer une convention de partenariat afin de faire émerger les projets régionaux innovants. « Le Nord - Pas-de-Calais a tous les atouts pour réussir, estime Stéphan Verin. Et si l'on élargit notre champ d'action à la zone transfrontatière, nous pouvons être leader européen. » •
JEAN-MARC PETIT
09 mars 2008
TEXTILE : SILICOTEX, NOUVEAU PROJET LABELLISÉ PAR TECHTERA
SILICOTEX est un projet de recherche et développement collaboratif, labellisé par Techtera, pôle de compétitivité Textiles Techniques Rhône-Alpes
Initié et porté par l’entreprise Ganzoni France, il associe 15 partenaires. Il vise à développer, en France et notamment en région Rhône-Alpes, un centre d’excellence intégrant les technologies liées aux silicones dans le textile. Son objectif est de permettre aux industriels de se renforcer et de se diversifier vers des marchés à haute valeur ajoutée, par le développement de textiles innovants – fils et étoffes – à base de silicone.
SILICOTEX : DES ENJEUX MONDIAUX POUR LE SECTEUR TEXTILE
SILICOTEX va permettre de développer des matériaux issus des nouvelles possibilités de formulations des silicones ou de leurs procédés de mise en œuvre, pour en exploiter les spécificités fonctionnelles : leur respirabilité, leurs propriétés modulables d’adhérence/anti-adhérence, d’hydrophobie/
hydrophilie, leur innocuité, tout en bénéficiant de leur élasticité, leur résistance au vieillissement, aux intempéries ou à la température.
Le projet répond à des enjeux environnementaux évidents : remplacement de matériaux nocifs, économies d’énergie ou de matière par la diminution du nombre d’opérations dans le process de fabrication, renforcement des performances des produits en limitant les effets sur la santé.
• SILICOTEX CONFIRME LE ROLE PREPONDERANT DES PME-PMI DANS L’INNOVATION AU SEIN DU POLE DE COMPETITIVITE TECHTERA.
Dans ce contexte, la mise en œuvre du projet SILICOTEX impacte tout le secteur textile français. Le poids de l’ensemble des partenaires sur le projet SILICOTEX représente environ 6000 salariés pour un CA de 2 milliards d’euros et une taille critique pour le développement d’une vraie plateforme européenne sur l’application des silicones dans la filière textile.
Axe d’action prioritaire de son Président Jean-Charles POTELLE, TECHTERA met le potentiel innovant et la réactivité des PME-PMI au cœur de son action. Ainsi, le projet SILICOTEX associe 15 partenaires dont 10 PME ou TPE (dont une PME belge), 1 laboratoire de recherche, et 4 groupes industriels.
SILICOTEX va générer 40 créations d’emplois directs et plus d’une vingtaine envisagés : 17 chercheurs recrutés pour la phase recherche et développement, 17 personnes chez l’ensemble des partenaires pour la phase industrialisation et 6 commerciaux pour le déploiement sur le marché.
Le montant total du projet s’élève à 6,5 millions d’euros. Le projet devrait être soutenu financièrement par le Conseil Régional Rhône-Alpes, le Conseil Régional Bourgogne, le Conseil général de l’Isère, le Conseil général de la Loire, le conseil général de l’Ardèche et le Grand Lyon, à hauteur d’environ 2,4 millions d’euros.
A propos de TECHTERA
Le pôle de compétitivité TECHTERA est le point de convergence des acteurs de Rhône-Alpes du secteur des Textiles à usages techniques et fonctionnels.
Il fédère en réseau les industriels, les unités de recherche, les structures de formation de Rhône-Alpes, en particulier les zones de R&D. Son objectif est de constituer le premier pôle européen de Textiles Techniques et Fonctionnels à vocation technologique autour de programmes innovants de R&D et industriels, visant la création de richesses nouvelles à haute valeur ajoutée.
A ce jour, Techtera compte près de 75 adhérents. Son siège est basé à Ecully, en région Rhône-Alpes.
Voir: http://www.lyon-communiques.com/communique.php?id=20266
