Arc International a présenté, ce week-end, à la foire internationale des arts de la table à Francfort, ses nouveaux décors organiques. Une véritable « rupture » selon les promoteurs du projet qui donne à l'entreprise verrière « entre trois et cinq ans d'avance sur ses concurrents ». PAR HERVÉ VAUGHAN

saintomer@lavoixdunord.fr PHOTO JEAN-PIERRE BRUNET

Les années se suivent et se ressemblent pour les concurrents d'Arc International au Salon international de Francfort, le rendez-vous annuel des professionnels des arts de la table. Après le Zénix et le Diamax, l'an dernier, ils ont encore dû se rendre à l'évidence ce week-end. Arc International a marqué les esprits en Allemagne avec ses décors organiques sur les assiettes en verre. Des décors que les pères du projet nous ont dévoilés, hier, en exclusivité.
« Pour comprendre, simplifie Jean-Marie Bonningues, quand on parle de décor organique, il faut voir ça comme du vernis à ongle. » « Ça fait trente ans, au moins, poursuit le directeur de la recherche et du développement (R &D) d'Arc International, que l'on cherche à les réaliser. » Sans que le résultat soit à la hauteur des attentes. Le principal obstacle à la réussite étant l'adhérence des décors au verre et surtout, leur résistance au lave-vaisselle. « C'est Philippe Durand, rappelle Sébastien Donze, responsable des décors à la R &D, qui nous avait demandé de travailler le sujet, il y a cinq ans. » Mais c'est la création des pôles de compétitivité, le pôle MAUD en l'occurrence, qui a boosté le projet. « Tout seul on va plus vite. À deux, on va plus loin », résume Jean-Marie Bonningues. Deux labos lillois, le laboratoire de procédés d'élaboration de revêtement fonctionnel (PERF) et le laboratoire de chimie organique et macromoléculaire, sans oublier une entreprise, dont le nom reste secret, et Arc International ont déposé le projet « Découverre » il y a quatre ans.
C'était le premier labellisé MAUD. Il a été subventionné à hauteur de 600 000 E par le ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie et de 300 000 E par la Région. « Cela nous a permis d'acheter du matériel que nous n'aurions pas pu nous payer sinon », révèle Sébastien Donze.
Grâce aux encres organiques, on obtient une palette de couleurs plus étendue et la possibilité de créer des fondus et des dégradés. Autre avantage : une meilleure adhérence des décors et une plus grande résistance au lave-vaisselle. « Cerise sur le gâteau, conclut Jean-Marie Bonningues, avec des émaux, il fallait cuire le décor à 600° C. Avec l'organique, 200° C suffisent. Ça supprime la deuxième trempe , ça renforce donc la solidité du verre. » Tout ça réduit les rejets de CO2 dans l'atmosphère. Ajoutée à la suppression des métaux lourds utilisés pour fabriquer des émaux, cette innovation devrait donc recueillir un écho favorable dans une clientèle de plus en plus sensible à l'environnement.
Les essais sur ligne ont commencé mi-juillet après quatre ans de recherche. « Tout ce que nous avons produit depuis le 15 décembre sur une ligne, puis deux, dont une très innovante, est déjà vendu, se félicite Jean-Marie Bonningues. Mais ce succès n'est pas uniquement celui de la R &D, insiste-t-il. Le marketting et la production, qui a changé sa façon de faire, y ont contribué. » Cette « rupture technologique qui associe une nouvelle technologie, une nouvelle matière et un nouveau process nous donne une avance de trois à cinq ans sur nos concurrents », espèrent nos interlocuteurs. Qui ne comptent pas en rester là et ont déjà déposé un nouveau dossier au pôle MAUD : « Atmosverre » avec un laboratoire lillois et deux autres entreprises. Ce projet concerne des propriétés propres au verre comme sa résistance, par exemple. On saura mi-mars si le dossier est retenu. Si c'est le cas, les concurrents d'Arc International vont finir par bouder le salon de Francfort. •

Voir: http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Saint_Omer/actualite/Secteur_Saint_Omer/2011/02/18/article_arc-international-voit-la-vie-en-couleur.shtml