Le caoutchouc saura-t-il rebondir ?
Dans le Centre, deuxième région française du secteur, le caoutchouc emploie 6.800 personnes dans 67 entreprises.
Une étude publiée la semaine dernière montre les atouts de cette filière, mais révèle également les inquiétudes de ses acteurs. La crise est passée par là. La concurrence des pays à bas prix aussi.
Une première étude sur cette filière avait été réalisée en 2005 et avait conduit à la création (2006) du pôle de compétitivité Elastopôle. Dix ans après, Centréco (agence économique du conseil régional) et la Direccte Centre (1) ont réalisé cette étude qui concerne la filière complète en région Centre, de la matière première au recyclage en passant évidemment par la transformation.
Constat et perspectives
Deux activités principales dans cette filière : le pneumatique (Michelin et Hutchinson) et l'industriel dont les acteurs interviennent aussi bien dans l'agroalimentaire que l'aéronautique ou le BTP, etc. La crise a durement frappé la filière, entraînant chutes de production, d'exportation et de l'emploi. Particulièrement dans le pneumatique : effectif divisé par deux en dix ans... Les deux sites Michelin de Joué-les-Tours et Bourges ont perdu des emplois ; celui d'Indre-et-Loire devrait même passer, en 2011, sous la barre des 1.000 employés (ils étaient 2000 en 1998).
Pour Cécile Hervier (Centréco), « l'avenir de la filière, en tout cas pour le caoutchouc industriel, passera par la réalisation et l'export de pièces à haute valeur ajoutée, et la collaboration au sein d'Elastopôle peut y aider ». Plusieurs entreprises de la région le font déjà. Mais la filière est confrontée à un autre problème : ses effectifs sont plus âgés que la moyenne de l'industrie, ses métiers n'attirent pas les jeunes, les salaires non plus. Les acteurs mettent une partie de leurs espoirs dans la convention de partenariat entre Polytech' Tours et l'Ifoca (région parisienne), seule école française de formation aux métiers du caoutchouc. Selon Benjamin Bertrand (Direccte), « la diversification sur des marchés tels le médical ou la cosmétique, mais aussi le développement d'une vraie filière de recyclage » sont également des voies pour assurer un avenir au caoutchouc régional.
(1) Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi.
Voir: http://www.lanouvellerepublique.fr/ACTUALITE/Economie/24-Heures/Le-caoutchouc-saura-t-il-rebondir2